Comprendre les produits structurés,
guide complet avant d’investir

Stratégies de diversification et optimisation fiscale

Photo Equipe François Wantz Rédacteur en Chef

François Wantz

Cet article a été rédigé par François Wantz, Rédacteur en Chef chez Coligny.

Dans un environnement financier en perpétuelle évolution les produits structurés se sont imposés comme une classe d’actifs incontournable pour les investisseurs en quête de solutions sophistiquées. En offrant une flexibilité unique ils permettent de construire des stratégies sur-mesure adaptées à des objectifs de rendement précis et à des niveaux de risque maîtrisés. Le marché français a d’ailleurs connu une croissance spectaculaire passant de 23 milliards d’euros en 2021 à près de 42 milliards d’euros en 2023, témoignant de l’appétit grandissant pour ces instruments [2] [3].

Pourtant leur complexité apparente peut sembler intimidante. C’est pourquoi nous avons conçu ce guide complet. Notre mission est de démystifier les produits structurés, de vous en expliquer les mécanismes, les avantages et les risques avec le plus de clarté et de transparence possible. Nous vous donnerons les clés pour comprendre comment ces outils peuvent s’intégrer de manière pertinente dans votre stratégie patrimoniale au même titre que d’autres solutions qui composent l’univers des placements financiers en vous offrant un couple rendement/risque optimisé et une visibilité sur vos gains.

Découvrez comment avec l’accompagnement d’experts, les produits structurés peuvent devenir un puissant levier de performance et de diversification.

Comprendre les produits structurés

Avant de pouvoir exploiter le plein potentiel des produits structurés il est indispensable d’en maîtriser les fondements. Qu’est-ce qui définit réellement un produit structuré ? Comment cette classe d’actifs a-t-elle évolué devenant un pilier de la gestion de patrimoine moderne ? Pour notre cabinet une décision d’investissement repose sur une compréhension profonde. Cette section pose les bases essentielles pour naviguer en confiance dans un univers fascinant.

Qu’est-ce qu’un produit structuré ?

Un produit structuré est un instrument financier complexe dont le rendement est lié à la performance d’un ou plusieurs actifs sous-jacents [5]. Il ne s’agit pas d’un investissement direct comme l’achat d’une action mais d’un montage financier, généralement émis par une institution bancaire qui combine plusieurs composants de façon à créer un profil de rendement unique et prédéfini.

Pour simplifier, on peut le visualiser comme l’assemblage de deux briques financières principales :

  1. Une composante obligataire : Le cœur du produit est souvent constitué d’une obligation (ou d’une obligation « zéro-coupon »). C’est cette partie qui vise à assurer à l’échéance, le remboursement du capital investi de manière totale (capital garanti) ou partielle (capital protégé sous condition). C’est l’ancre de sécurité du montage [6]. Cette logique de créance le rapproche dans son esprit de la Dette Privée, bien que le mécanisme de rendement soit fondamentalement différent.
  2. Une composante optionnelle (dérivés) : C’est le moteur de performance du produit. Il s’agit d’une ou plusieurs options financières (telles que des options d’achat ou de vente) dont la valeur dépend de l’évolution de l’actif sous-jacent. C’est cette composante qui permet de structurer des scénarios de gains spécifiques [5] [6].

L’actif sous-jacent peut être de nature très variée : un indice boursier (comme le CAC 40 ou l’Euro Stoxx 50), une action individuelle, un panier d’actions, une matière première, ou encore un taux de change.

La véritable ingéniosité d’un produit structuré réside dans la formule de remboursement (ou « payoff »), qui est définie contractuellement dès le départ. Cette formule établit des règles claires et transparentes qui déterminent précisément le rendement de l’investisseur à l’échéance, en fonction de la performance du sous-jacent. Elle peut inclure des mécanismes sophistiqués comme des plafonds de gain (cap), des barrières de protection pour le capital, ou des conditions de remboursement anticipé.

En somme, l’objectif d’un produit structuré est de vous offrir un couple rendement/risque sur-mesure, qui ne serait pas atteignable via un investissement direct dans les marchés traditionnels. C’est un outil d’ingénierie financière conçu pour répondre à des convictions de marché et des objectifs patrimoniaux spécifiques.

Marché et évolutions

Le marché des produits structurés a connu une transformation et une croissance remarquables au cours de la dernière décennie, s’affirmant comme une solution d’investissement mature et plébiscitée. Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique, qui a radicalement changé la perception de ces instruments.

Historiquement, la longue période de taux d’intérêt bas qui a suivi la crise de 2008 a poussé les investisseurs à chercher des alternatives aux placements traditionnels (comme les obligations souveraines) pour obtenir du rendement. Les produits structurés ont alors émergé comme une réponse pertinente en offrant des perspectives de gains attractives tout en proposant des mécanismes de protection du capital.

Plus récemment, et de manière contre-intuitive la remontée des taux d’intérêt a donné un nouvel élan spectaculaire au marché. Des taux plus élevés permettent en effet aux émetteurs de structurer des produits en offrant des conditions encore plus avantageuses pour les investisseurs que ce soit en termes de rendement potentiel ou de niveaux de protection du capital.

Cette conjoncture a alimenté une croissance explosive, comme le soulignent les analyses conjointes de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) :

  • La collecte annuelle sur les produits structurés en France a plus que doublé en deux ans, passant d’environ 23 milliards d’euros en 2021 à près de 42 milliards d’euros en 2023 [1] [2].
  • Cette croissance de plus de 80 % démontre un intérêt massif et durable de la part des investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers [1].

Une tendance de fond accompagne cette croissance : une forte appétence pour la sécurité. Les investisseurs ne cherchent pas seulement la performance, mais aussi et surtout la maîtrise du risque.

  • Selon l’AMF, en 2023, 40 % des volumes de vente concernaient des produits offrant une protection intégrale du capital à l’échéance [1] [2].
  • La part des produits considérés comme à faible risque (avec un indicateur de risque SRI de 1 à 3 sur 7) a bondi, passant de 9 % des émissions en 2021 à près de 40 % en 2023 [1].
Schéma illustrant la croissance du marché des produits structurés en France entre 2021 et 2023 selon l’AMF
Cette infographie retrace l’évolution du marché des produits structurés en France : 23 milliards d’euros en 2021, 42 milliards en 2023, avec 40 % des produits offrant une protection totale du capital aujourd’hui.

Il faut cependant apporter une nuance importante, régulièrement rappelée par les régulateurs. Les performances très positives observées récemment (avec moins de 1 % des produits remboursés entre 2021 et 2023 ayant entraîné une perte en capital) ont été enregistrées dans un contexte de marchés majoritairement haussiers [3].

Les performances passées ne préjugent en aucun cas des performances futures. Le risque de marché reste une réalité, et la protection du capital est le plus souvent conditionnelle. C’est pourquoi une compréhension fine des scénarios de perte et un accompagnement par des professionnels comme Coligny sont absolument fondamentaux.

Les différents types de produits structurés

L’univers des produits structurés est riche et diversifié. Il n’existe pas un seul « produit structuré » mais une multitude de structures conçues pour répondre à des objectifs et des anticipations de marché variés. Comprendre ces différentes familles de produits est la clé pour sélectionner l’instrument le plus adapté à votre profil. Nous vous aiderons à maîtriser ces mécanismes pour faire des choix éclairés.

Les produits de rendement

Les produits de type Autocall (aussi connus sous les noms de Phoenix, Athéna ou produits à remboursement anticipé) sont de loin les plus populaires sur le marché [1]. Leur succès repose sur un mécanisme ingénieux qui vise à générer un rendement régulier tout en offrant une protection conditionnelle du capital.

Leur fonctionnement est basé sur des dates d’observation périodiques (par exemple, chaque trimestre, semestre ou année). À chacune de ces dates, on compare le niveau de l’actif sous-jacent à son niveau initial.

Le mécanisme se déroule selon trois scénarios possibles :

  1. Scénario de Remboursement Anticipé (Autocall) :
    • Si, à une date d’observation, le niveau du sous-jacent est supérieur ou égal à son niveau initial, le produit est automatiquement remboursé par anticipation [5].
    • L’investisseur récupère alors 100 % de son capital initial, auquel s’ajoute un coupon prédéfini pour chaque période écoulée depuis le lancement du produit.
    • Exemple : Pour un produit avec un coupon de 8 % par an, s’il est remboursé à la première date d’observation annuelle, l’investisseur reçoit 108 % de son capital. S’il est remboursé à la deuxième, il reçoit 116 %, et ainsi de suite.
  2. L’Effet Mémoire (Mécanisme Phoenix) :
    • Une caractéristique clé de nombreux Autocalls est l’effet mémoire. Si, à une date d’observation, la condition de remboursement anticipé n’est pas remplie (le sous-jacent est en baisse), le coupon n’est pas versé immédiatement, mais il n’est pas perdu [6].
    • Il est mis « en mémoire ». Dès que la condition de remboursement anticipé est à nouveau remplie à une date d’observation ultérieure, l’investisseur reçoit non seulement le coupon de la période en cours, mais aussi tous les coupons qui avaient été mis en mémoire précédemment. Cela permet de lisser la performance et de ne pas être pénalisé par une baisse temporaire du marché.
  3. Scénario à l’échéance (si aucun remboursement anticipé n’a eu lieu) :
    • Si le produit atteint sa maturité finale (par exemple, 10 ans), on observe une dernière fois le niveau du sous-jacent.
    • Cas favorable : Si le sous-jacent est au-dessus de la barrière de protection du capital (par exemple, fixée à -50 % par rapport au niveau initial), l’investisseur récupère 100 % de son capital ainsi que le dernier coupon (et tous ceux en mémoire) [5].
    • Cas défavorable : Si, à l’échéance, le sous-jacent a clôturé en dessous de la barrière de protection, l’investisseur subit une perte en capital. Cette perte est généralement égale à la performance négative enregistrée par le sous-jacent depuis l’origine. Par exemple, si la barrière est à -50 % et que le sous-jacent a chuté de 60 %, l’investisseur perdra 60 % de son capital [1] [5].

Ces produits sont particulièrement adaptés aux investisseurs qui anticipent des marchés stables, modérément haussiers, ou même modérément baissiers (tant que la baisse ne dépasse pas la barrière de protection).

Les produits de participation

Les produits de participation sont conçus pour des scénarios de marché plus incertains où la direction (hausse et baisse) est difficile à anticiper. Leur particularité est d’offrir un potentiel de gain non seulement en cas de hausse du sous-jacent mais aussi, dans une certaine mesure, en cas de baisse.

Le mécanisme « Twin-Win » est un exemple classique :

  • Scénario de hausse : Si le sous-jacent termine au-dessus de son niveau initial à l’échéance l’investisseur participe à la performance, souvent avec un plafond (cap).
  • Scénario de baisse modérée : Si le sous-jacent termine en baisse mais au-dessus d’une barrière de protection, l’investisseur réalise un gain positif. La performance négative du sous-jacent est transformée en une performance positive pour l’investisseur. Par exemple, une baisse de 20 % du sous-jacent peut se traduire par un gain de 20 % pour l’investisseur.
  • Scénario de forte baisse : Si le sous-jacent termine en dessous de la barrière de protection, l’investisseur subit une perte en capital équivalente à la baisse du sous-jacent.

Ces produits sont particulièrement intéressants pour les investisseurs qui pensent que les marchés resteront volatils ou évolueront dans un « range » (une fourchette de prix) sans tendance claire. Ils permettent de générer de la performance même en l’absence de forte hausse, tout en conservant une protection contre les baisses importantes.

Les produits à capital garanti

Pour les investisseurs dont la priorité absolue est la préservation de leur capital, les produits à capital garanti offrent le plus haut niveau de sécurité. Comme leur nom l’indique, leur structure est conçue pour assurer le remboursement de 100 % du capital initial à l’échéance, quelles que soient les fluctuations de l’actif sous-jacent [6].

La distinction avec les produits à capital « protégé » est fondamentale :

  • Capital Garanti : Le remboursement de 100 % du capital nominal à l’échéance est une certitude contractuelle, qui n’est soumise qu’à un seul risque : le risque de défaut de l’émetteur (la banque qui structure le produit).
  • Capital Protégé : Le remboursement du capital est conditionnel et dépend du respect d’une barrière de protection.

La structure d’un produit à capital garanti repose généralement sur l’achat d’une obligation zéro-coupon. Une grande partie du capital de l’investisseur est allouée à cette obligation, dont la valeur à l’échéance sera exactement égale à 100 % du capital initial. Le reste du capital est investi dans des options qui constituent le moteur de performance.

Le compromis pour cette sécurité maximale est un potentiel de rendement généralement plus faible que celui des produits Autocall. La participation à la hausse du sous-jacent est souvent plafonnée (« capped ») ou partielle.

Ces produits sont idéaux pour :

  • Les profils d’investisseurs les plus prudents.
  • Les stratégies de placement où la préservation du capital est non négociable.
  • Les premières allocations dans l’univers des produits structurés.

La popularité croissante de ces produits, mise en évidence par les rapports de l’AMF, montre bien qu’ils répondent à un besoin profond de sécurité dans le contexte économique actuel [2].

Les produits à effet de levier

Cette catégorie de produits structurés s’adresse à un public d’investisseurs avertis, expérimentés et disposant d’une forte tolérance au risque. Contrairement aux autres types de produits qui visent souvent un équilibre entre rendement et protection, les produits à effet de levier ont pour objectif principal d’amplifier les variations de l’actif sous-jacent [6].

  • L’effet de levier : Ce mécanisme permet de multiplier les gains (mais aussi les pertes) par rapport à un investissement direct. Un levier de 5, par exemple, signifie qu’une hausse de 1 % du sous-jacent se traduira par une hausse de 5 % du produit. Inversement, une baisse de 1 % entraînera une perte de 5 %.
  • Instruments : Les plus connus sont les Certificats, les Turbos et les Warrants. Ils sont souvent cotés en bourse et peuvent être achetés et vendus comme des actions [6].
  • Risque élevé : L’effet de levier augmente considérablement le risque. Une faible variation défavorable du sous-jacent peut entraîner une perte totale et rapide du capital investi. Beaucoup de ces produits intègrent une « barrière désactivante » : si le sous-jacent touche ce niveau, le produit est immédiatement désactivé et l’investisseur perd l’intégralité de son investissement.

En raison de leur profil de risque très élevé et de leur complexité, ces produits sont considérés comme des instruments de spéculation à court terme plutôt que des outils de gestion patrimoniale à long terme. Chez Coligny, nous insistons sur le fait que de tels produits ne peuvent être envisagés qu’après une analyse approfondie de votre profil et de vos objectifs, et qu’ils doivent représenter une part très limitée et contrôlée de votre patrimoine.

Tableau comparatif des types de produits structurés : rendement, capital garanti, participation et effet de levier
Ce tableau compare quatre grandes familles de produits structurés selon leur objectif, leur fonctionnement et leur adéquation au profil investisseur : produits de rendement, capital garanti, participation, et effet de levier.

Avantages et risques des produits structurés

Tout investissement financier présente un équilibre entre les bénéfices potentiels et les risques encourus. Les produits structurés ne font pas exception. Leur architecture unique offre des avantages distincts mais elle engendre également des risques spécifiques qu’il est impératif de comprendre et de maîtriser. Une approche transparente et lucide est la pierre angulaire de la philosophie de conseil de Coligny.

Couple rendement/risque et protection du capital

Le principal avantage des produits structurés réside dans leur extraordinaire flexibilité. Ils permettent de construire une solution d’investissement quasiment « sur-mesure », parfaitement alignée sur les anticipations de marché et le profil de risque de l’investisseur [5]. Vous n’êtes plus contraint de choisir entre une action (potentiel élevé, risque élevé) et une obligation (potentiel faible, risque faible). Vous pouvez définir un juste milieu.

  • Adaptabilité : Que vous anticipiez une forte hausse, une stagnation, une légère baisse ou une forte volatilité, il existe une structure capable de transformer cette vision en une stratégie de performance.
  • Maîtrise du risque : Le mécanisme de barrière de protection du capital est un atout majeur [5]. Il offre un coussin de sécurité contre les baisses de marché. Savoir que votre capital est protégé tant que l’indice de référence ne chute pas de 40% ou 50% à l’échéance apporte une sérénité considérable par rapport à un investissement direct en actions.

Il est cependant crucial de bien comprendre la nature conditionnelle de cette protection. Comme le souligne l’AMF dans ses publications [1], il faut bien distinguer :

  • Le capital « garanti » : Le remboursement de 100% du capital à l’échéance est assuré (hors défaut de l’émetteur).
  • Le capital « protégé » : Le remboursement dépend du non-franchissement d’une barrière. Si cette barrière est franchie à la baisse à la date de constatation finale, la protection disparaît et l’investisseur subit une perte.

Diversification du portefeuille

Les produits structurés sont un puissant outil de diversification. Ils permettent d’introduire dans un portefeuille des profils de rendement qui ne sont pas directement corrélés aux classes d’actifs traditionnelles.

  • Diversification des sous-jacents : Ils ouvrent l’accès à un large éventail d’actifs sous-jacents qui peuvent être difficiles ou coûteux à intégrer directement dans un portefeuille [6] :
    • Indices boursiers mondiaux : Euro Stoxx 50, S&P 500, Nikkei 225, etc.
    • Indices thématiques : axés sur des secteurs spécifiques comme la technologie, la santé, ou le développement durable (ESG). Cette dernière thématique permet aux investisseurs d’aligner leurs placements avec leurs valeurs. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin et structurer une démarche d’impact plus directe, l’ingénierie patrimoniale offre des solutions dédiées à l’impact philanthropique.
    • Paniers d’actions sur-mesure : composés de titres sélectionnés selon des critères précis.
    • Matières premières ou devises.
  • Diversification des profils de rendement : En intégrant un produit structuré, vous ne diversifiez pas seulement par l’actif sous-jacent, mais aussi par la manière de générer de la performance. Un produit Autocall, par exemple, peut générer un rendement positif même dans un marché stable, là où un investissement direct en actions stagnerait. Cette approche peut compléter une allocation incluant des actifs non cotés comme le PE ou des placements tangibles et décorrélés comme les GFV.

Visibilité sur les gains potentiels

L’un des aspects les plus appréciés des produits structurés est la transparence de leurs scénarios de performance. Contrairement à un fonds d’investissement classique dont la performance future est incertaine et dépend des décisions d’un gérant, un produit structuré fonctionne selon une formule mathématique connue et fixée dès le départ [5].

  • Clarté des règles du jeu : L’investisseur sait précisément, dès la souscription, quelles conditions de marché mèneront à quel résultat. Le niveau du coupon, les dates d’observation, le seuil de remboursement anticipé et la barrière de protection du capital sont tous définis dans le document d’informations clés (DIC) [1].
  • Prévisibilité : Cette structure offre une grande visibilité. Vous pouvez simuler les résultats de votre investissement dans différents scénarios de marché. Cela permet de prendre des décisions plus rationnelles et de mieux calibrer ses attentes, en éliminant une grande partie de l’incertitude émotionnelle liée aux fluctuations quotidiennes des marchés.

Risque de perte en capital et complexité

La protection offerte par les produits structurés est puissante, mais elle n’est pas absolue. Le risque de perte en capital est bien réel et doit être la première considération de tout investisseur.

  • Franchissement de la barrière : Il faut être parfaitement conscient que si, à la date de constatation finale, le niveau de l’actif sous-jacent est inférieur à la barrière de protection, l’investisseur subira une perte en capital [5]. Cette perte sera généralement identique à la totalité de la baisse du sous-jacent depuis son niveau initial. Un produit avec une barrière à -50% ne limite pas la perte à 50% ; si le marché baisse de 70%, la perte sera de 70%.

La complexité est un autre risque inhérent. La directive européenne MiFID II classe d’ailleurs la plupart des produits structurés comme des « produits complexes » [4].

  • Compréhension nécessaire : Pour investir sereinement, il est indispensable de comprendre tous les paramètres du produit : la nature du sous-jacent, le fonctionnement de la formule de remboursement, les conditions de l’effet mémoire, l’impact des dividendes (sont-ils réinvestis ou non dans le calcul de la performance de l’indice ?), etc. Un manque de compréhension peut conduire à de mauvaises surprises. C’est ici que le rôle de conseil de Coligny prend tout son sens.

Risque de liquidité et crédit de l’émetteur

Au-delà du risque de marché, deux autres risques majeurs doivent être évalués avec la plus grande attention.

  1. Le Risque de Crédit de l’Émetteur : C’est sans doute le risque le plus important et le plus souvent sous-estimé. Un produit structuré est une créance (une reconnaissance de dette) que vous détenez sur l’institution financière qui l’a émis (généralement une grande banque) [1][5].
  2. Le Risque de Liquidité : Les produits structurés sont conçus pour être conservés sur le moyen ou long terme, idéalement jusqu’à leur échéance ou une date de remboursement anticipé.
    • Marché secondaire limité : Bien qu’il soit techniquement possible de vendre un produit structuré avant son terme, la liquidité est assurée par l’émetteur lui-même [1]. Il n’existe pas de marché secondaire aussi fluide que pour les actions.
    • Conditions de sortie défavorables : Vendre avant l’échéance se fera à un prix de marché qui peut être inférieur à la valeur nominale, même si le sous-jacent n’a pas baissé. Ce prix dépendra de nombreux facteurs complexes (taux d’intérêt, volatilité, temps restant à courir…). Il faut donc considérer le capital investi comme étant bloqué pour la durée de vie du produit. Cette caractéristique d’illiquidité, qui est la contrepartie d’un potentiel de rendement attractif, se retrouve dans d’autres classes d’actifs alternatives comme l’investissement dans l’Art & les objets de collection ou la pierre-papier via les SCPI.
Balance comparant les avantages des produits structurés (protection, rendement) à leurs risques (liquidité, complexité, défaut)
Ce visuel met en balance les avantages des produits structurés (protection du capital, flexibilité, diversification) avec leurs risques spécifiques : frais élevés, complexité technique, illiquidité et risque de défaut de l’émetteur.

Comment investir dans les produits structurés

L’accès à l’univers des produits structurés s’est considérablement démocratisé mais il reste encadré par des règles strictes visant à protéger les investisseurs. Comprendre les différents formats de produits, les conditions d’éligibilité et surtout les enveloppes fiscales qui permettent d’optimiser les gains est une étape fondamentale. Coligny vous guide à travers cet écosystème pour structurer votre investissement de la manière la plus efficace.

Les différents formats (EMTN, Fonds, Certificats)

Les produits structurés peuvent prendre plusieurs formes juridiques et financières. Les trois principales sont :

  1. EMTN (Euro Medium Term Note) : C’est le format le plus courant pour les produits commercialisés en France. Un EMTN est un titre de créance, une sorte d’obligation complexe, émis par une institution financière. Lorsque vous investissez dans un produit structuré sous ce format, vous prêtez de l’argent à la banque émettrice, qui s’engage à vous rembourser à l’échéance selon la formule de calcul prédéfinie. C’est ce format qui expose directement au risque de crédit de l’émetteur. La quasi-totalité des produits proposés en assurance-vie sont des EMTN.
  2. Fonds à Formule (ou Fonds Structurés) : Dans ce cas, le produit structuré est logé au sein d’un fonds d’investissement collectif (OPCVM, comme un FCP ou une SICAV) [5]. Le fonds utilise les capitaux des investisseurs pour mettre en place la stratégie structurée, souvent en combinant des obligations et des contrats dérivés.
    • Avantage : Le principal avantage de ce format est la mutualisation du risque de contrepartie. Le fonds peut travailler avec plusieurs banques pour ses opérations sur dérivés, réduisant ainsi la dépendance à un seul émetteur. De plus, les actifs du fonds sont ségrégués de ceux de la société de gestion, offrant une protection supplémentaire.
    • Inconvénient : Ils peuvent comporter une couche de frais de gestion supplémentaire par rapport aux EMTN.
  3. Certificats : Les certificats sont des valeurs mobilières cotées en bourse qui répliquent la performance d’un sous-jacent selon une formule spécifique [6]. Ils offrent une plus grande liquidité que les EMTN car ils peuvent être achetés et vendus en continu sur le marché. Cependant, ils sont généralement utilisés pour des structures plus simples (produits à effet de levier, de participation sans protection) et sont également soumis au risque de crédit de l’émetteur.

Éligibilité des investisseurs (MiFID II)

La complexité des produits structurés a conduit les régulateurs européens à mettre en place un cadre très strict pour leur commercialisation, afin de s’assurer qu’ils sont proposés à des investisseurs capables de comprendre les risques associés. La directive MiFID II (Markets in Financial Instruments Directive II) est au cœur de ce dispositif de protection [4].

  • Questionnaire d’adéquation : Avant de pouvoir vous proposer un produit structuré, un conseiller comme Coligny a l’obligation légale de réaliser une évaluation approfondie de votre profil. Ce questionnaire d’adéquation (ou « suitability test ») vise à déterminer :
    • Votre connaissance et votre expérience en matière de produits financiers.
    • Votre situation financière (capacité à subir des pertes).
    • Vos objectifs d’investissement et votre horizon de placement.
    • Votre tolérance au risque.

Le produit ne peut vous être proposé que s’il est jugé adéquat à votre profil. Cette étape est cruciale et garantit que vous n’êtes pas exposé à des risques que vous ne comprenez pas ou ne pouvez pas assumer.

  • Le Document d’Informations Clés (DIC ou KID en anglais) : Pour chaque produit structuré, l’émetteur doit fournir un document standardisé de 2 à 3 pages, le DIC. Ce document, encadré par la réglementation européenne PRIIPS, a pour but de présenter de manière claire et non trompeuse les informations essentielles [1] :
    • La description du produit et de ses objectifs.
    • L’indicateur de risque (SRI), une note de 1 (risque le plus faible) à 7 (risque le plus élevé).
    • Les scénarios de performance (défavorable, intermédiaire, favorable) à différentes échéances.
    • La composition des frais.
    • La durée de détention recommandée.

La lecture attentive du DIC est une étape indispensable avant toute décision d’investissement.

Enveloppes fiscales idéales

Thermomètre comparant les enveloppes fiscales selon leur accès aux produits structurés : CTO, assurance-vie, PER, PEA
Ce schéma en thermomètre classe les principales enveloppes fiscales par niveau d’accès aux produits structurés, du plus restreint (PEA) au plus ouvert (CTO), avec un focus sur l’assurance-vie et le PER.

Le choix de l’enveloppe juridique et fiscale dans laquelle vous logez votre produit structuré a un impact majeur sur le rendement net de votre investissement.

  1. L’Assurance-Vie : C’est l’enveloppe la plus couramment utilisée et souvent la plus avantageuse pour les produits structurés [5].
    • Fiscalité des gains : Après 8 ans de détention du contrat, les gains bénéficient d’un abattement annuel significatif (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple). Au-delà, le taux d’imposition est réduit.
    • Transmission : L’assurance-vie offre un cadre successoral très avantageux, avec des abattements importants pour les bénéficiaires désignés.
    • Accessibilité : La plupart des bons contrats d’assurance-vie donnent accès à une large gamme de produits structurés en tant qu’unités de compte, tout comme ils permettent d’intégrer des parts de SCPI ou des fonds de Private Equity.
  2. Le Compte-Titres Ordinaire (CTO) : Le CTO offre une flexibilité maximale et un accès à la quasi-totalité des produits structurés du marché, sans aucune contrainte.
    • Fiscalité : C’est son principal inconvénient. Les gains (coupons et plus-values) sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). L’option pour le barème progressif de l’impôt est possible mais rarement plus avantageuse.
  3. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : Le PER est une excellente solution pour intégrer des produits structurés dans une stratégie de préparation de la retraite.
    • Avantage fiscal à l’entrée : Les versements effectués sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, ce qui génère une économie d’impôt immédiate.
    • Horizon long : L’horizon de placement long du PER est parfaitement adapté à la durée de vie des produits structurés.
    • Fiscalité à la sortie : La fiscalité à la sortie dépendra de votre choix (sortie en capital ou en rente) et de si vous avez profité de la déduction fiscale à l’entrée.
  4. Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) : L’éligibilité des produits structurés au PEA est très rare et contraignante. Pour être éligible, un produit doit être assimilable à un investissement en actions européennes. Seuls certains certificats ou fonds très spécifiques peuvent y être logés. Bien que la fiscalité du PEA soit très attractive (exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans), il ne constitue pas l’enveloppe privilégiée pour ce type d’investissement. Pour une exposition diversifiée aux actions via le PEA, les investisseurs se tournent plus naturellement vers les ETF.

Le choix de la bonne enveloppe est une décision stratégique. Coligny analyse votre situation patrimoniale et fiscale globale pour vous recommander la structure d’investissement qui maximisera votre performance nette.

Produits structurés VS autres classes d’actifs

Pour bien saisir la valeur ajoutée des produits structurés il est essentiel de les comparer aux autres grandes classes d’actifs. Chaque type d’investissement possède un profil de risque et de rendement qui lui est propre. Les produits structurés ne visent pas à remplacer les autres placements mais à les compléter en offrant des solutions que les instruments traditionnels ne peuvent pas fournir. Analysons leur positionnement.

Produits structurés VS Actions (en direct)

La comparaison avec l’investissement direct en actions est la plus parlante pour illustrer le compromis risque/rendement offert par les produits structurés.

  • Potentiel de Rendement :
    • Actions : Le potentiel de gain est théoriquement illimité. Si vous investissez dans une entreprise qui connaît une croissance exponentielle, la valeur de votre investissement peut être multipliée plusieurs fois.
    • Produits Structurés : Le rendement est généralement plafonné (cappé). La formule de remboursement définit un gain maximum, même si le sous-jacent (l’action ou l’indice) performe bien au-delà. L’objectif n’est pas de capturer 100% de la hausse, mais d’obtenir un rendement attractif et prédéfini si certaines conditions sont remplies [5].
  • Risque de Perte :
    • Actions : Le risque de perte est total. Si l’entreprise fait faillite, votre investissement peut valoir zéro. Vous êtes exposé à 100% de la baisse du titre. Une façon de mitiger ce risque est d’opter pour une gestion passive via des ETF, qui diversifient sur des centaines de titres.
    • Produits Structurés : Le risque de perte est conditionnel et amorti. Grâce à la barrière de protection, vous pouvez ne subir aucune perte même si le sous-jacent baisse de 10%, 20%, voire 40%. La perte n’intervient que si cette barrière est franchie à l’échéance, mais elle est alors souvent équivalente à celle de l’investissement direct.

En résumé : Les produits structurés sacrifient une partie du potentiel de hausse illimité des actions en échange d’une protection significative contre les baisses de marché.

Produits structurés VS Obligations

Les obligations sont des titres de créance qui offrent un rendement fixe (coupon) et le remboursement du capital à l’échéance. Elles sont souvent perçues comme des investissements plus sûrs que les actions.

  • Source du Rendement :
    • Obligations : Le rendement provient du paiement d’intérêts fixes, déconnecté de la performance des marchés actions. Il est principalement sensible à l’évolution des taux d’intérêt (si les taux montent, la valeur des obligations existantes baisse) et au risque de crédit de l’émetteur.
    • Produits Structurés : Le rendement est directement lié à la performance d’un actif sous-jacent (souvent des actions ou des indices) [6]. Ils offrent un profil de risque différent, moins sensible aux variations de taux d’intérêt (surtout pour les structures Autocall) mais directement exposé aux marchés actions. Cette exposition au risque de crédit de l’émetteur les rapproche en revanche de la Dette Privée, qui consiste également à prêter à des entreprises en échange d’un rendement.
  • Niveau de Rendement et de Risque :
    • Obligations : Les obligations d’État ou d’entreprises très bien notées (« Investment Grade ») offrent un rendement faible mais une grande sécurité. Les obligations à haut rendement (« High Yield ») offrent plus de performance mais avec un risque de défaut plus élevé.
    • Produits Structurés : Ils visent un rendement intermédiaire entre les obligations et les actions. Ils permettent de viser des performances de type « actions » tout en intégrant une protection du capital qui les rapproche, en termes de risque, de l’univers obligataire.

En résumé : Les produits structurés offrent une alternative aux obligations pour les investisseurs cherchant un potentiel de rendement supérieur, en acceptant une exposition aux marchés actions mais avec un mécanisme de protection.

Produits structurés VS Fonds diversifiés

Les fonds diversifiés (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) sont des portefeuilles gérés par des professionnels, investis dans un panier d’actions, d’obligations et d’autres actifs.

  • Prévisibilité du Résultat :
    • Fonds Diversifiés : La performance future est incertaine. Elle dépend entièrement des décisions du gérant et de l’évolution globale des marchés. L’investisseur délègue la gestion mais n’a aucune garantie sur le résultat final.
    • Produits Structurés : Le résultat est prédéfini par une formule [5]. L’issue de l’investissement ne dépend pas d’une gestion active, mais de la réalisation de scénarios de marché clairement identifiés à l’avance. Cela offre une visibilité que les fonds traditionnels ne peuvent pas garantir.
  • Gestion du Risque :
    • Fonds Diversifiés : Le risque est géré par la diversification du portefeuille. En investissant dans de nombreux titres différents, le gérant cherche à réduire l’impact négatif d’un seul titre. Cependant, en cas de baisse généralisée des marchés, le fonds baissera également.
    • Produits Structurés : Le risque est géré par une protection contractuelle. La barrière de protection est une promesse de l’émetteur de ne pas imputer de perte tant qu’un certain seuil n’est pas franchi. C’est une approche de gestion du risque fondamentalement différente, basée sur une structure et non sur une allocation.

En résumé : Les produits structurés ne remplacent pas les fonds diversifiés mais les complètent. Ils sont utiles pour les investisseurs qui souhaitent mettre en place des stratégies basées sur des scénarios de marché précis avec une visibilité claire sur les gains et les pertes potentiels.

Matrice comparant classes d’actifs selon volatilité et liquidité : ETF, SCPI, GFV, obligations, private equity
Ce graphique positionne les grandes classes d’actifs selon leur volatilité et leur liquidité : obligations (faible risque), ETF et cryptos (liquides mais volatiles), SCPI et GFV (stables mais peu liquides), private equity et Club Deals (à haut risque et illiquidité).

Un produit structuré peut se situer à différents endroits du schéma ci-dessus selon sa construction :

  • Un produit structuré à capital garanti ou à barrière de protection très haute, adossé à des actifs peu volatils (ex : produits de taux), se situe en bas à gauche : faible volatilité, faible liquidité.
  • Un produit structuré à sous-jacent actions, type Autocall, avec protection conditionnelle, se place au centre, partie basse : faible liquidité, mais potentiel de volatilité rehaussé selon le sous-jacent en cas de dépassement de la barrière de protection.

En résumé :
Les produits structurés occupent une zone intermédiaire basse du schéma, leur position exacte dépendant du niveau de risque du sous-jacent et de la protection intégrée.

Cadre réglementaire et fiscalité

Naviguer dans l’univers des produits structurés implique une parfaite compréhension de l’environnement réglementaire qui les encadre et des règles fiscales qui s’appliquent à leurs gains. Ces deux aspects sont cruciaux car ils garantissent la protection de l’investisseur et déterminent la performance nette finale de l’investissement. Nous accordons une importance capitale à la maîtrise de ce cadre pour offrir un conseil sécurisé et fiscalement optimisé.

Réglementation et protection des investisseurs

Le marché des produits structurés est l’un des plus surveillés par les autorités financières, précisément en raison de la complexité de ces instruments. En France, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) collaborent étroitement pour superviser leur commercialisation [2] [3].

Leur objectif est double : assurer la stabilité financière et garantir un haut niveau de protection pour les investisseurs particuliers. Plusieurs réglementations européennes, transposées en droit français, forment le socle de cette protection :

  1. La Directive MiFID II (Markets in Financial Instruments Directive II) [4] :
    • Cette directive est la pierre angulaire de la protection des investisseurs. Elle impose aux distributeurs, comme le Cabinet Coligny, des obligations très strictes.
    • Gouvernance des produits : Elle oblige les concepteurs de produits à définir un « marché cible » pour chaque produit (à quel type d’investisseur il s’adresse).
    • Évaluation de l’adéquation : Comme nous l’avons vu, elle nous contraint à évaluer votre profil de risque, vos connaissances et vos objectifs pour nous assurer que le produit est bien adapté pour vous.
    • Transparence des coûts et des frais : La directive exige une information complète et claire sur tous les frais liés à l’investissement, avant et après la souscription.
  2. Le Règlement PRIIPS (Packaged Retail and Insurance-based Investment Products) :
    • Ce règlement a créé le Document d’Informations Clés (DIC), un document standardisé qui doit être remis à tout investisseur particulier avant la souscription d’un produit structuré.
    • Objectif du DIC : Permettre aux investisseurs de comprendre facilement les caractéristiques essentielles du produit et de le comparer avec d’autres. Il contient [1] :
      • Une description claire du fonctionnement du produit.
      • L’Indicateur Synthétique de Risque (SRI), une échelle de 1 à 7 qui classe le niveau de risque du produit.
      • Des scénarios de performance (stressé, défavorable, modéré, favorable) pour illustrer les résultats possibles.
      • Un tableau détaillé de l’ensemble des frais.

L’ensemble de ce cadre réglementaire, dont l’AMF et l’ACPR vérifient la bonne application, a considérablement renforcé la transparence et la sécurité du marché [3]. Il positionne le conseil professionnel comme un maillon essentiel de la chaîne, garantissant que la complexité de ces produits est maîtrisée au bénéfice de l’investisseur. Cette rigueur s’applique également à l’écosystème émergent des cryptomonnaies, désormais encadré par la réglementation MiCA.

Fiscalité des revenus et plus-values

La performance d’un investissement ne se mesure pas seulement à son rendement brut, mais bien à son rendement net de fiscalité. La fiscalité des produits structurés dépend principalement de l’enveloppe d’investissement choisie.

  • Régime par défaut (dans un Compte-Titres Ordinaire – CTO) :
    • Les gains générés par les produits structurés (coupons perçus ou plus-value à la revente/remboursement) sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé « flat tax ».
    • Le taux du PFU est de 30 %, se décomposant en :
      • 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu.
      • 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.
    • Option pour le barème progressif : L’investisseur peut, lors de sa déclaration de revenus, renoncer au PFU et opter pour l’imposition de tous ses revenus du capital au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option est globale (elle s’applique à tous les revenus de capitaux mobiliers de l’année) et n’est intéressante que si votre Taux Marginal d’Imposition (TMI) est de 0 % ou 11 %.
  • Fiscalité au sein des enveloppes spécifiques :
    • Assurance-Vie : C’est le cadre le plus attractif [5]. Les gains ne sont fiscalisés qu’au moment d’un rachat.
      • Après 8 ans de détention du contrat, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple).
      • Au-delà de cet abattement, le taux d’imposition est réduit à 7,5 % (plus 17,2 % de prélèvements sociaux), pour les versements effectués avant le 27/09/2017 ou pour la fraction des gains attachée aux premiers 150 000 € de versements après cette date.
    • Plan d’Épargne Retraite (PER) : La fiscalité est avantageuse mais complexe, car elle dépend des choix faits à l’entrée et à la sortie.
      • Avantage à l’entrée : Les versements sont déductibles du revenu imposable.
      • Fiscalité à la sortie : Le capital et les gains sont fiscalisés à la sortie (au PFU ou au barème progressif), mais l’économie d’impôt réalisée à l’entrée rend souvent l’opération très rentable.
    • Plan d’Épargne en Actions (PEA) : Comme mentionné, l’éligibilité est rare. Si un produit est éligible, les gains sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention du plan (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus).

Le choix de l’enveloppe fiscale est donc une décision hautement stratégique. Elle doit être comparée aux opportunités offertes par d’autres classes d’actifs, comme les dispositifs de défiscalisation en immobilier d’exception. Une analyse patrimoniale globale, menée par les experts de Coligny, est indispensable pour déterminer la structure d’investissement qui offrira le meilleur rendement net en fonction de votre situation personnelle.

L’approche Coligny

Dans un marché aussi technique et réglementé que celui des produits structurés le choix du partenaire est aussi important que le choix du produit lui-même. Nous nous positionnons en construisant des stratégies d’investissement sur-mesure qui reposent sur une expertise, un accès privilégié aux meilleures opportunités et un accompagnement.

Sélection des émetteurs et des sous-jacents

La qualité d’un produit structuré dépend de deux piliers fondamentaux : la solidité de son émetteur et la pertinence de son sous-jacent. Notre processus de sélection est d’une grande rigueur sur ces deux aspects.

  1. Analyse du Risque de Crédit de l’Émetteur :
    • Nous l’avons souligné, le risque de défaut de la banque émettrice est le risque ultime d’un produit structuré [1]. C’est pourquoi notre première étape est une analyse approfondie de la solvabilité des institutions financières.
    • Nous ne travaillons qu’avec un panel restreint de banques de premier rang international, dont les notations de crédit (Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch) sont parmi les plus élevées et dont les bilans financiers sont suivis en permanence par nos équipes. Cette sélectivité est votre première garantie de sécurité.
  2. Sélection Stratégique des Sous-Jacents :
    • Le choix du sous-jacent est le moteur de la performance. Notre sélection ne se fait pas au hasard, elle est le fruit d’une analyse macro-économique et de marché approfondie.
    • Nous privilégions les indices larges et diversifiés (comme l’Euro Stoxx 50, le CAC 40, ou des indices thématiques robustes) qui offrent une meilleure résilience que des actions individuelles, plus volatiles.
    • Pour les stratégies basées sur des paniers d’actions, chaque titre est analysé individuellement pour sa qualité fondamentale, son potentiel de croissance et sa faible corrélation avec les autres titres du panier.
    • Nous nous assurons que le sous-jacent est liquide et que son calcul est transparent (par exemple, en privilégiant les indices « Price Return » ou « Decrement » dont le fonctionnement est clair).

Ingénierie financière sur-mesure

Coligny a une valeur ajoutée qui réside dans sa capacité à faire de l’ingénierie financière sur-mesure.

  • Accès à un large univers de solutions : Grâce à notre architecture ouverte nous ne sommes liés à aucune institution financière. Nous sommes libre de sélectionner le meilleur produit disponible sur l’ensemble du marché en mettant en compétition les différentes banques pour obtenir des conditions optimales (rendement, protection, etc.).
  • Création de produits exclusifs : Pour nos clients et partenaires nous avons la capacité de travailler directement avec les salles de marché des banques pour co-construire des produits structurés exclusifs. En partant de vos objectifs et de nos convictions de marché, nous pouvons définir chaque paramètre (sous-jacent, maturité, niveau des coupons, barrière de protection) pour créer une solution unique parfaitement adaptée à vos besoins. Cette approche sur-mesure est similaire à celle que nous déployons pour des opérations d’investissement en cercle restreint comme les Club Deals.
  • Optimisation des conditions : En consolidant les volumes d’investissement de nos clients nous obtenons un pouvoir de négociation significatif. Cela nous permet d’accéder à des conditions préférentielles et de réduire les frais de structure, une économie qui se répercute directement sur la performance nette de l’investissement.

Suivi du portefeuille dans la durée

Un produit structuré est un investissement qui vit et évolue dans le temps. Un accompagnement complet est nécessaire.

  • Conseil en amont : La première étape est une discussion approfondie pour comprendre vos objectifs, votre horizon de placement et votre sensibilité au risque conformément aux exigences réglementaires [4]. C’est sur cette base que nous validons ensemble si un produit structuré est pertinent pour vous et si oui, lequel. Nous vous expliquons en détail chaque scénario en toute transparence.
  • Suivi proactif : Nous assurons un suivi régulier de la performance de vos produits, vous informons en amont des dates d’observation clés et vous alertons si une opportunité de remboursement anticipé se présente.
  • Conseil à l’échéance : Lorsque le produit arrive à maturité ou est remboursé par anticipation, nous sommes à vos côtés pour analyser le résultat et définir la meilleure stratégie de réinvestissement de votre capital en fonction du nouveau contexte de marché et de l’évolution de vos objectifs patrimoniaux.

Une approche globale qui allie sélection, expertise technique et proximité humaine est la garantie qu’un investissement en produits structurés sera géré de manière optimale, sécurisée et alignée sur la stratégie patrimoniale globale.


Logo du cabinet Coligny — Gestion de patrimoine à Paris et Genève

Photo Equipe François Wantz Rédacteur en Chef

François Wantz

Cet article a été rédigé par François Wantz, Rédacteur en Chef chez Coligny. Avec une expérience de plus de 15 ans en gestion de fortune et en investissement au sein de plusieurs banques d’affaires, il supervise la production éditoriale du cabinet et coordonne les relations avec la presse.

La vérification technique des données et des sources a été assurée par Boris Lolmède, Conseiller en Investissements Financiers.

Un produit structuré est un instrument d’investissement conçu sur-mesure, dont la performance est liée à l’évolution d’un actif sous-jacent (un indice boursier comme le CAC 40, par exemple). Plutôt que d’être un simple placement, il s’agit d’un montage financier qui combine deux éléments principaux :

  1. Une composante de protection : Souvent une obligation, qui vise à rembourser votre capital initial à l’échéance du produit [6].
  2. Une composante de performance : Des options financières qui définissent des scénarios de gains potentiels en fonction de la performance du sous-jacent [5].

La « complexité » apparente vient de la formule de remboursement, qui est pourtant l’un de ses plus grands atouts. Cette formule, définie et connue à l’avance, établit des règles du jeu claires et transparentes. Vous savez précisément dans quelles conditions de marché vous réaliserez un gain, protégerez votre capital, ou subirez une perte. Notre rôle chez Coligny est justement de vous expliquer cette mécanique en détail et de valider avec vous que chaque paramètre correspond bien à vos attentes.

C’est la question la plus importante, et la réponse exige de la nuance. La sécurité de votre capital dépend du type de produit et de conditions précises. Il faut distinguer deux niveaux de protection :

  • Le Capital Garanti : Ici, le remboursement de 100% de votre capital à l’échéance est une certitude contractuelle. Le seul risque qui subsiste est le défaut de la banque qui a émis le produit. C’est pourquoi nous ne sélectionnons que des émetteurs d’une solidité financière irréprochable [1].
  • Le Capital Protégé : C’est le cas le plus fréquent. Votre capital est protégé tant que l’actif sous-jacent ne franchit pas une barrière de protection à la baisse (par exemple, -50% par rapport à son niveau de départ) à la date de constatation finale. Si cette barrière n’est jamais franchie à l’échéance, vous récupérez votre capital. Si elle est franchie, vous subissez une perte équivalente à la baisse totale de l’indice [5].

La sécurité de votre capital est donc conditionnelle. L’attrait de ces produits réside dans le fait que même avec une baisse significative des marchés (par exemple -40%), votre capital peut rester intact, ce qui est impossible avec un investissement direct en actions.

Le rendement d’un produit structuré, appelé « coupon », est défini à l’avance et est généralement attractif. Il vise à offrir une performance supérieure à celle des placements sans risque, en contrepartie d’une exposition maîtrisée aux marchés actions.

  • Le mécanisme le plus courant est celui de l’Autocall :
    À des dates d’observation régulières (par ex. chaque année), on vérifie la performance de l’indice sous-jacent.
  • Si l’indice est stable ou en hausse, le produit est remboursé automatiquement par anticipation. Vous récupérez votre capital initial plus le coupon annuel prédéfini (par exemple, 8%).
  • Si l’indice est en baisse, le coupon n’est pas versé mais il est mis en mémoire. Dès que la condition de remboursement se réalise à une date future, vous touchez le coupon de l’année ainsi que tous ceux qui ont été mis en mémoire [6].

Le rendement est donc généré par la réalisation de scénarios de marché prédéfinis. L’objectif est d’offrir une performance positive même dans des marchés stables ou modérément baissiers, là où d’autres placements seraient en perte.

Choisir entre un produit structuré et un investissement direct en actions (via des titres vifs ou un ETF), c’est faire un arbitrage entre le potentiel de gain et la maîtrise du risque.

  • Investissement en Bourse :
    • Avantage : Potentiel de gain illimité. Vous capturez 100% de la hausse des marchés.
    • Inconvénient : Risque de perte total. Vous subissez 100% de la baisse des marchés.
  • Produit Structuré :
    • Avantage : Protection conditionnelle du capital. Vous pouvez traverser une baisse de marché importante (ex: -40%) sans subir de perte. Le couple rendement/risque est optimisé.
    • Inconvénient : Potentiel de gain plafonné. Le rendement est limité au coupon prédéfini, même si les marchés s’envolent de 40% ou 50%.

Le produit structuré est donc une solution idéale pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer à la performance des marchés actions tout en définissant à l’avance un « filet de sécurité » et un objectif de rendement clair. C’est un outil de gestion du risque avant tout.

Non, il n’est pas nécessaire d’être un expert financier pour investir dans des produits structurés, mais il est indispensable d’être bien accompagné. Ces produits s’adressent aux investisseurs qui :

  • Cherchent un potentiel de rendement supérieur à celui des fonds en euros ou des obligations.
  • Souhaitent s’exposer aux marchés actions mais avec une protection contre les fortes baisses.
  • Ont un horizon de placement à moyen ou long terme (généralement entre 5 et 12 ans), même si un remboursement anticipé est possible.
  • Acceptent que leur capital n’est pas garanti et qu’une perte est possible en cas de scénario de marché très défavorable.

La réglementation européenne (MiFID II) est très stricte et nous impose, en tant que conseillers, de valider que le produit est bien en adéquation avec votre profil, vos connaissances et vos objectifs [4]. Notre rôle est de vous traduire la complexité du produit en termes simples et de vous assurer que vous en comprenez parfaitement les tenants et les aboutissants avant de prendre une décision.

Le rôle de Coligny est central et se décline en trois missions clés pour sécuriser votre investissement et optimiser sa performance :

  1. Sélection et Ingénierie : Nous ne sommes pas de simples distributeurs. En architecture ouverte, nous sélectionnons les meilleures opportunités sur l’ensemble du marché. Nous analysons rigoureusement la solidité des banques émettrices (le risque principal) et la pertinence des sous-jacents. Pour nos clients, nous allons jusqu’à co-construire des produits sur-mesure avec les salles de marché pour obtenir les conditions les plus avantageuses.
  2. Conseil et Transparence : Notre devoir est de vous fournir une information claire, loyale et non trompeuse. Nous validons l’adéquation du produit avec votre profil, nous vous expliquons en détail le Document d’Informations Clés (DIC) et nous simulons avec vous tous les scénarios de performance, y compris les scénarios de perte.
  3. Accompagnement et Suivi : Notre mission ne s’arrête pas à la souscription. Nous suivons activement la vie de votre produit, nous vous informons des dates d’observation importantes et, en cas de remboursement, nous vous conseillons sur les meilleures stratégies de réinvestissement. Nous sommes votre partenaire de confiance sur le long terme.

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